Le Closlieu d'Arno Stern à ParisSite Internet d'Arno Stern www.arnostern.com 'La Réitération est un principe de base de la Formulation : un même objet peut être répété parce que son évocation est liée à un désir, à une préoccupation, à un plaisir. Si un enfant représente toujours une Maison, cela n'est pas extraordinaire, tous les enfants représentent des Maisons. Elles sont typées, avec leur toit triangulaire au-dessus d'un mur carré... Cette Maison ne devrait surprendre personne. Mais les parents disent : 'Il fait toujours la même maison !'. Et ils ne savent pas comment faire pour qu'elle change enfin. La maîtresse d'école maternelle, elle, sait comment faire. On lui a enseigné les techniques qui, de gré ou de force, suscitent le changement. 'Tu n'es plus un bébé !... Ce n'est pas comme ça qu'est la maison !... Regarde comment on construit une maison !'
Tu es allé à l'école maternelle. Tu te souviens de ce qui t'a été dit, quand tu étais petit ! Tu n'étais pas content, mais il n'y avait pas à discuter, il y avait à 'réussir' !
La Maison typée, que fait un enfant, tout en appartenant à un principe universel, est aussi marquée par sa personnalité et se distingue, par quelque chose, de celle, typée, d'un autre : par son emplacement dans l'espace de la feuille, les proportions et les couleurs de son toit et de son mur, sa taille, ses détails... Et c'est dans l'un de ces éléments caractéristiques, ou leur ensemble, qu'apparaît la réitération. Par exemple, chez un enfant, la Maison est toujours jaune ; chez un autre, elle est toujours très mince et haute ; chez un troisième, le carré du mur est toujours sans base (un contour fait de trois traits); et, chez un quatrième, elle est immense dans la feuille qu'elle remplit entièrement...
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Pour les enfants qui ont été victimes de l'ignorance des adultes, mais qui ont - comme toi - la chance de renouer avec le jeu de la Formulation, l'évolution est limitée à une tranche, plus ou moins étendue, de l'ensemble programmé. Tu n'as pas vécu les débuts de la Formulation, n'en as connu que de pitoyables bribes. Ce que le Closlieu t'a permis de vivre est considérable et a un effet indélibile sur ta manière d'être, aujourd'hui et dans l'avenir. Il est vrai que je songe à tout ce dont tu as été privé ; et, cependant, celui qui vit un épisode de l'évolution de la Formulation - à quelque moment que ce soit dans sa vie - fait une expérience considérable ; il a un bonheur si grand qu'il ne laisse pas émaner le regret de ce qui a été empêché. Je pense à toutes les grandes personnes que tu rencontres, chaque semaine, dans le Closlieu. La Formulation n'entre que tardivement dans leur vie. Vont-elles pleurer sur leur enfance manquée ? Il leur semble que la rencontre tardive de la Formulation est le suprême cadeau de la vie, une somme de plaisirs venant après toutes les expériences, toutes les découvertes, toutes les jouissances éprouvées.
Pour ces grands, il va de soi que les mêmes Tracés se forment dans leurs espaces. Ils sont absolument au-delà des concepts culturels et des considérations artistiques. Ils sont capables d'avoir ce qu'on appelle une culture artistique et, en entrant dans le Closlieu, de faire le vide de tout acquis culturel pour vivre alors, exclusivement, la nécessité de l'Expression.'
Arno Stern et Peter Lindbergh, Heureux comme un enfant qui peint,
Éditions du Rocher, Paris, 2005, pp 83-86.
C'est exactement ce vers quoi je souhaiterais aller : envisager un atelier proposant une expérience proche du
Closlieu aux adultes et aux enfants. Je partage absolument l'État d'Esprit d'Arno Stern et de Peter Lindbergh concernant l'Art : vivre l'Espace de l'Art permettant de renouer avec la Formulation originelle !
En cours j'apprends nécessairement aux élèves des bases techniques, mais en laissant une place importante à la Formulation : habiller le 'squelette' de la technique en tissant sur ses fins os les fils chatoyants, soyeux et irisés de la Liberté !
La Formulation est Sacrée.
D'ailleurs je pense que la très culturelle technique est bienvenue tant qu'elle reste a sa place et ne cherche pas à prendre le pas sur la Formulation.
Le malaise se crée dès que l'espace de la Formulation commence à être grignotée.
Or l'enfant sait fantastiquement dire non et bien plus fort qu'un adulte. Il sait le dire si dumoins on le laisse dire et qu'on ne cherche pas aussitôt à le faire taire.
Quand l'enfant dit 'non', cela biensûr me surprend puis me fait rire et je dis 'OK'. Car je comprends que j'ai franchi le seuil de l'espace privé de Formulation avec mes conseils d'adulte instruit. Ce qui est important c'est donc d'instaurer un climat de confiance faisant que les enfants savent qui peuvent dire 'non, car dans cet espace je suis entrain de formuler'.